Mon allaitement long et un sevrage progressif

Lors d’un précédent article, j’ai raconté le début de notre allaitement avec ma fille S. J’expliquais de légères (légères comparées à d’autres mères de mon entourage) difficultés au départ. Très vite, nous avons pu trouver un équilibre ensemble et j’ai mené, par choix personnel, un allaitement qui serait qualifié de long : 26 mois au total. Soit un sevrage un peu après les 2 ans de l’enfant.

Dans cet article je détaille ma reprise du travail, mais aussi le sevrage nocturne, la diminution des tétées en journée et la fin de l’allaitement induite par une nouvelle grossesse.

La reprise du travail

Ayant accouché en Suisse, j’ai eu un congé maternité plus étendu qu’en France et j’ai repris le travail après les vacances de Noël, un peu après les 4 mois de ma fille. Avant cette reprise, je suivais les recommandations de tétées à la demande.

Lors de mon congé, je me suis renseignée sur les réglementations pour le retour au travail de la mère allaitante. En Suisse, l’entreprise est tenue de fournir un local pour que les femmes puissent tirer leur lait, mais il est aussi possible d’aller nourrir son enfant sur son lieu de garde. Le temps dédié à l’allaitement est déduit du temps de travail, dans certaines limites.

Pour ma part, je reprenais alors à 80 % sur 4 jours par semaine. Donc, lors de mes 8 heures de travail quotidiennes, 1h30 pouvait être dédiée à cet allaitement. Ainsi, après avoir confirmé avec mon employeur mes droits, je me suis achetée, confiante, un tire lait électrique double d’occasion et j’ai commencé à tirer mon lait. J’appris par la suite, que les pompes s’abîmant, il est plutôt déconseillé d’investir dans une occasion. Cependant, pour ma part, celle-ci m’a tout à fait convenu. Ayant beaucoup de lait, il était assez facile pour moi de récupérer ce dont j’avais besoin.

Nous nous sommes très vite rendu compte avec mon conjoint que ma fille refusait tout biberon. Nous avons essayé avec moi, sans moi, en marchant, en chantant, au verre, etc. Elle n’a jamais accepté autre chose que le sein créant une énorme angoisse pour le retour au travail.

Lors de mes premiers jours au travail, ma fille attendait sa/ma pause déjeuner et je me rendais en vélo lors de la pause midi à la crèche pour l’allaiter. Elle attendait ensuite son retour à la maison et se rattrapait intensément sur les soirs et les nuits….

Petit à petit, elle a accepté de faibles doses de laits (20/30ml pour atteindre doucement 90ml) dans des biberons, et cela uniquement à la crèche. La diversification alimentaire, entamée un peu avant ses 6 mois, a permis de compenser assez vite les tétées sautées mais j’ai continué à tirer tout les midis, jusqu’aux 8 mois de ma fille.

Suite à l’introduction du biberon à la crèche, le père de S. arrivait, de temps en temps, à lui donner un biberon à condition que je sois absente le soir. Cependant S. n’a jamais accepté de lait artificiel, et n’a donc exclusivement bu du lait maternel.


Par la suite, j’ai stocké de temps en temps, mais vivant à l’étranger, nous n’avons eu que peu de relais aussi elle n’a pas été gardée la nuit ou ailleurs qu’à la crèche avant ses 13 mois.

Sevrage(s) nocturne(s)

Notre fille a toujours un sommeil léger, court, et très entre-coupé. Doucement, un peu avant les 1 ans, l’idée de laisser tomber la tétée comme moyen d’endormissement est arrivée. Pour me permettre de souffler, de dormir un peu plus et permettre au père de mettre l’enfant au lit.

Cela a été très très compliqué avec des grosses phases de régressions. Malheureusement nous n’arriverons à mettre en place un rituel que beaucoup plus tard (vers ses 18 mois) ce qui a sûrement accentué des difficultés déjà rencontrées d’apaisement lors des nuits.

Cependant, il y a bien eu des moments où son père pouvait la mettre au lit, et d’autres, où même si nous évitions le sein mes bras et ma présence était toujours requise.

Nous avons aussi voulu arrêter les tétées nocturnes. Tout d’abord avec une méthode peut-être plus douce, qui était que moi la personne allaitante ait essayé d’expliquer à S. qu’elle ne pourrait pas téter de 24h à 6h du matin…..Nous avons essayé cela à deux reprises….Gros échecs, S. hurlait, était incalmable avec moi et je n’ai jamais réussi à tenir. Ces moments sont flous maintenant car nous avons alors accumulé un retard de sommeil énorme, sans relève autour de nous.

À Noël 2019, ma fille a 16 mois et miracle, elle commence à faire des nuits. Après un séjour chez ses grands parents où nous, les parents, sommes partis un peu plus loin pour le week-end.

Cela nous a énormément encouragé. Cependant, nous avons déménagé en février 2020, et S. a recommencé à se réveiller la nuit, et à réclamer de nouveau des tétées.

Son père prend alors son courage (ou plutôt son sommeil) à deux mains, et puisque nous sommes dans un appartement plus grand, je vais dormir dans un autre lit. Il s’occupe alors de son sevrage nocturne, lui explique qu’elle ne peut pas téter, mais peut dormir avec lui dans le grand lit et boire de l’eau. Cela durera bien 2 semaines au cours desquelles elle acceptera doucement l’idée de ne plus se réconforter au sein.

Il nous restera donc, pendant quelque temps, 3 tétées lors de mes jours de travail (4 jours par semaine) et des tétées plus à la demande lors des journées avec elle.

Forcer la diminution de tétées journalières

En Mars 2020, l’épidémie de Covid-19 arrive officiellement en Europe. Avant des restrictions plus strictes sur le territoire suisse, nos employeurs nous mettent en travail à domicile et les crèches ferment. Cela nous demande alors tout une nouvelle organisation, surtout que bien que nous ayons notre fille à la maison, on me demande toujours d’effectuer 8h de travail/jour (l’employeur de mon conjoint permettra à ses employés avec des enfants en bas âge un allègement de la charge de travail).

Bien que mon conjoint soit très impliqué, les tétées deviennent donc problématiques. Je ne peux pas travailler sereinement et effectuer mes réunions avec ma fille collée au sein. Elle cherche à me rejoindre à la moindre contrariété. Nous décidons donc de revenir au rythme des trois tétées, de manière ferme.

Cela fonctionnera assez bien, même si les siestes deviennent extrêmement complexes (ici le porte bébé nous sauvera).

Je commence à expliquer à S. que, avec le relâchement des mesures et des ballades (été 2020), l’allaitement se fera uniquement à la maison, car cela me gène d’allaiter ma fille de 2 ans en public. Cela est, bien sûr, un point de vue personnel. S. accepte avec difficulté cela, mais elle arrive tout doucement à le prendre en compte.

Allaitement : game-over

Petit à petit, nous avons donc réussi à diminuer les tétées à 3 par jour : celle de 6h du matin (lever aux aurores pour S.), celle du goûter/retour à la maison autour de 17h, et celle du coucher. Petit à petit S. passe de moins en moins de temps sur le sein le matin et se lève pour manger des tartines avec plaisir. C’est la tétée que nous aurions aimé lâcher en dernier, puisqu’elle permet de grappiller quelques miettes de sommeil, mais c’est ainsi…

Les autres tétées sont très difficilement remplaçables. Nous essayons doucement de les faire partir : distractions à base de jeux, fromages ou autre, mais cela ne fonctionne que difficilement et S. entre aussi dans le « terrible two » ou plutôt arrive de mieux en mieux à exprimer son désaccord.

Pour ma part, par moment, mon allaitement me convient encore, même si il peut être pesant. Je considère toujours cela comme un moment privilégié avec S. et qui va bientôt s’arrêter. Cependant, cet allaitement m’impose aussi d’être là physiquement mais aussi mentalement pour ses couchers. Son père aimerait bien essayer de passer à autre chose, dans l’espoir de faciliter aussi pour lui sa relation avec sa fille et lui permettre de prendre encore plus le relais.

En Août 2020, je suis de nouveau enceinte. Se pose alors beaucoup de questions, allaitement tandem ? Sevrer définitivement S. (mais alors rapidement pour permettre un vrai intervalle entre sa dernière tétée et celle du nouveau bébé ?). Nous essayons de nouveau d’expliquer à S. que l’on aimerait bien arrêter doucement. Mais elle réclame énormément (toujours matin/gouter/soir). Lorsqu’elle passe la journée avec nous, elle oublie celle du goûter, mais le retour de la crèche est non négociable pour elle.

Et puis, fin Octobre, la grossesse avançant, ma lactation diminue et s’arrête. Un soir, S. commence sa tétée du soir, puis tapote le sein et m’annonce :

Plus de lait, Maman

Je saute sur l’occasion, lui propose un gros câlin à la place.

Lorsqu’au réveil elle réclame, toujours pas de lait. Nous lui dirons alors que il n’y a plus de lait car elle grandit et qu’elle peut manger plein de tartines le matin. Et ce sevrage se fera ainsi en douceur. Elle réclamera sporadiquement sur deux semaines le sein. Il suffira de lui rappeler qu’il n’y a plus de lait pour qu’elle accepte de retourner jouer où de manger un petit goûter. Et voila notre allaitement sera donc terminé.

PS : Le sevrage final s’effectue donc fin octobre… Début février, par deux fois, S. redemandera très vigoureusement le sein (que je lui refuse). Étant alors enceinte de 6 mois, sent-elle un début de relactation ?

Quelques remarques

Ni le sevrage nocturne, ni la diversification alimentaire, ni la fin de l’endormissement au sein n’auront permis à S. de faire vraiment ses nuits ni de faciliter son entrée dans le sommeil. Cela ne sera que partiellement acquis autour de ses 2 ans avec des moments de régression où elle nous réclame à ses cotés dans la nuit…

Suite au sevrage nocturne, il m’arrivera de remettre S. au sein lors de grosses montées de fièvre ou poussées dentaires. Il en sera de même lorsqu’elle tombera malade en journée. Cependant, dès que nous la sentons guérie, nous remettrons en place les règles de manière ferme et S. les acceptera de nouveau.

Quelques pistes

  • Se renseigner, par exemple le groupe Facebook Soutien et informations l’allaitement et le sevrage pour le sevrage de bambins fut une bonne source pour moi
  • Remplacer les tétées problématiques par des snacks qui plaisent (parfois en faisant fi des bonnes habitudes alimentaires).
  • Trouver un contenant agréable pour de l’eau. Ici une gourde d’eau, qui ne coule pas si renversée, et que S. peut donc avoir au coucher.

Article relu par @mamaorhum et @marieastridbatut. Photo par @ponoodle.

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