Une grossesse presque parfaite: récit (anonyme) d’un accouchement bousculé

Pour notre second article de témoignage anonyme, cette maman nous livre le récit poignant de son accouchement après une grossesse presque parfaite.

Dans cet écrit, elle nous raconte comment tout peut aller très vite, qu’une vision de son futur accouchement rassure, mais que c’est un vrai plus de se préparer à l’éventualité qu’il ne prenne pas le chemin espéré. Avoir un projet de naissance flexible, suivre son instinct et les conseils de personnes qualifiées permettent une belle fin.

Un grand merci à elle.

« Ma grossesse s’est déroulée à merveille. Seulement une ou deux semaines de nausées au début, un peu de fatigue mais dans la normale, et j’ai pu continuer à faire du sport pour me maintenir en forme. À tous les examens médicaux, tout allait toujours très bien :

Tout est beau

me disaient les médecins.

Durant ma grossesse, j’ai suivi des cours prénataux, pendant lesquels la formatrice nous a invitées à visualiser notre accouchement « idéal », et écrire un plan de naissance en conséquence. Je voulais un accouchement le plus naturel possible, sans interventions médicales, sans péridurale.

Un point sur lequel la formatrice a cependant insisté était de se préparer aussi aux imprévus qui pourraient survenir. On peut rêver d’un accouchement naturel, mais des interventions telles que la péridurale ou même la césarienne peuvent s’avérer nécessaires. À l’inverse, on peut vouloir la péridurale parce qu’on redoute la douleur, mais le travail peut aller trop vite ou l’anesthésiste ne pas être disponible à temps pour y avoir accès.

À la toute fin de ma grossesse, dans ma 38ème semaine, j’ai commencé à avoir des maux de têtes avec vertiges. À mon examen de 39 semaines, je l’ai mentionné à mon médecin, mais comme tout allait bien, ma tension était bonne, il m’a laissée partir. Dans la semaine suivante, je me suis mise à avoir une sensation de jambes enflées, sans que cela ne se voit pour autant. Je me suis aussi mise à prendre du poids plus rapidement.

Lors de l’examen de 40 semaines, j’ai parlé de ces différents symptômes à mon médecin. Ma tension avait monté, ce qui l’a alerté. Il m’a fait passer un test pour les protéines dans les urines: elles étaient au-dessus de la normale. Il m’a dit d’aller à l’hôpital le jour même pour faire des tests plus poussés. À l’hôpital j’ai eu droit à toute une série de questions sur mes symptômes, puis après environ 1h d’attente pour les résultats des tests, la réponse du médecin m’a glacée le sang :

Vous faites une pré-éclampsie, on vous déclenche tout de suite.

Mon cœur s’est emballé, et l’appareil qui monitorait ma tension aussi, j’étais sous le choc ! J’ai écrit à mon conjoint pour lui dire qu’il fallait qu’il vienne tout de suite.

On m’a posé un ballonnet au niveau du col de l’utérus pour favoriser la dilatation, et une perfusion pour m’injecter de l’ocytocine de synthèse pour déclencher les contractions.

Un autre problème s’est ajouté puisque je faisais un syndrome de HELLP, qui est une variante de la pré-éclampsie caractérisée par une hémolyse, une augmentation des enzymes hépatiques et une diminution du nombre de plaquettes. Le médecin m’a expliqué que si ma pression augmentait trop, deux éventualités se présenteraient à moi: soit accepter une péridurale, soit être transférée aux soins intensifs.

La péridurale pouvait être vue comme un filet de secours. Il était clair que je ne voulais pas finir aux soins intensifs, alors j’ai accepté la péridurale. Comme je n’en aurais idéalement pas voulu, on a convenu qu’on m’installerait le cathéter mais qu’on ne m’injecterait pas la solution tant que ça ne serait pas nécessaire. Seulement, ce n’était pas encore « gagné » car pour pouvoir se faire installer une péridurale, il faut que le nombre de plaquettes soit suffisamment élevé, et j’étais déjà à la limite. Il a donc fallu attendre les résultats d’un comptage manuel pour qu’enfin, soulagement, le cathéter puisse être posé.

Le travail a été douloureux mais rapide. Dès le début de l’injection d’ocytocine, les contractions ont commencé assez fortes et rapprochées. Ma tension était prise toutes les 5 minutes environ, ce qui à la longue était inconfortable pour mon bras qui se faisait comprimer à chaque fois. En plus de cela, des infirmières essayaient à tour de rôle de me poser une perfusion de secours sur le bras, en vain car mes veines éclataient à chaque fois, à cause de ma pression trop haute. J’ai fini avec des beaux bleus sur les avants-bras! Heureusement, la perfusion originale a fonctionné jusqu’à la fin.

Au bout de quelques heures, ma pression est montée trop haut et on a dû commencer à m’injecter la péridurale. Je ne sentais pas l’effet anesthésiant si bien qu’on m’ajoutait des doses au fur et à mesure, jusqu’à ce que, d’un coup, je ne sente plus rien. A ce moment là, le médecin est venu vérifier l’avancement de mon col. Ça devait faire environ 6h que le travail avait commencé. Je me souviens de l’infirmière qui a dit:

Oh, elle doit être à 3-5 cm

Et le médecin qui a répondu, après vérification:

Ah non, elle est à 10 cm, vous allez pouvoir pousser!

Ça a été un soulagement, ça voulait dire que j’avais au moins pu faire tout le travail d’ouverture sans péridurale! Après 45 minutes de poussées à me toucher le ventre pour détecter mes contractions, car je ne sentais plus rien, bébé était là! Il est né tout petit, à 2.8kg, à cause de la pré-éclampsie, qui entraîne une baisse de la vascularisation vers le fœtus. Mais il était en pleine santé, et de mon côté je m’en suis plutôt bien sortie puisque j’ai évité les soins intensifs ou d’autres complications !

Je voulais raconter mon accouchement pour préparer des futures mamans aux aléas qui peuvent survenir.

Comme l’a dit ma formatrice pendant les cours prénataux

C’est bien de s’imaginer son accouchement idéal, mais il est aussi important de se préparer à accepter des déviations, car les choses ne se passent pas toujours comme on l’aurait voulu.

Cela permet d’éviter des frustrations ou de la déception au moment où on a besoin d’être concentrée sur le travail, et aussi suite à l’accouchement.

Je suis sortie de cet accouchement reconnaissante d’avoir pu avoir accès à ces interventions, et je me considère chanceuse de vivre à une époque où ces avancées médicales existent. Sans cela mon bébé ou moi ne s’en serait peut-être pas sorti. Au final, il me semble que le plus important, c’est d’avoir un bébé et une maman en bonne santé ! »

PS : Si vous souhaitez partager avec nous une expérience, un témoignage, n’hésitez surtout pas à nous écrire via le formulaire suivant ou à nous contacter par message privé sur Instagram ou Facebook. Nous serions ravi.e.s de l’écouter, de l’entendre et de le partager à notre tour.

Article relu par @mamaorhum et @elrousseau. Photo by cottonbro from Pexels

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