5 romans sur la réalité de la maternité

Après le dernier article sur le sentiment d’absence de préparation à la réalité de la maternité, je me suis demandée comment pouvait-on changer la vision de la maternité, de la mère parfaite et superwoman.

La fiction, les films, séries, mais aussi les romans participent à la construction de notre imaginaire, de nos projections et à notre sentiment de mal-être lorsqu’on ne rentre pas dans le moule. Mais quels romans n’idéalisent pas la maternité et pourraient être utiles à toute personne, (future) mère, parent ou entourage pour déconstruire l’image mainstream de la maternité ?

J’ai fait le point sur les romans que j’ai lu depuis 2 ans afin de sélectionner ceux qui montrent la réalité de la maternité, l’ambivalence, les difficultés, la culpabilisation et les inégalités.

Vous avez lu des romans qui entrent dans cette catégorie ? N’hésitez pas à les partager en commentaire pour qu’ensemble on puisse construire une liste de romans à lire et offrir.

La femme gelée, Annie Ernaux

Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un « cadre », mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c’est une femme gelée. C’est-à-dire que, comme des milliers d’autres femmes, elle a senti l’élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d’enseignante. Tout ce que l’on dit être la condition « normale » d’une femme.

La lecture de ce livre et des discussions dans le cadre du club de lecture du PAF m’ont beaucoup remué et m’ont fait énormément réfléchir : c’était un de mes premiers livres sur la réalité d’être femme et mère, lu quelques mois après la naissance de ma fille

Même si le livre a été écrit en 1987 à propos d’événements qui ont sûrement eu lieu 10-20 ans auparavant, les sujets restent tellement d’actualité : je sens ces mécanismes similaires se mettre en place. Ce livre me permet d’en prendre conscience. Je vais garder ce livre dans ma bibliothèque afin de le relire dans quelques années et ainsi voir l’évolution. Je ne peux que vous inviter à lire ce roman et à le faire lire aux femmes autour de vous. Il ne vous laissera pas indifférente, que ce soit par le style ou par les thématiques abordées.

La femme brouillon, Amandine Dhée

Le meilleur moyen d’ éradiquer la mère parfaite, c’ est de glandouiller. Le terme est important car il n’ appelle à aucune espèce de réalisation, il est l’ ennemi du mot concilier. Car si faire vœu d’ inutilité est déjà courageux dans notre société, pour une mère, c’ est la subversion absolue.

Le jour où je refuse d’ accompagner père et bébé à un déjeuner dominical pour traîner en pyjama toute la journée, je sens que je tiens quelque chose.

L’histoire d’une femme qui devient mère mais qui ne veut pas céder aux diktats de la maternité ou de la société et qui l’assume. Un livre léger qui fait rire (jaune), teinté de vérités qui font mal.

J’ai lu ce livre dans le cadre du club de lecture du PAF : j’étais contente qu’il ait été choisi, j’attendais de le lire avec impatience; ce que j’ai fait d’une traite (malgré la fatigue) mais je n’ai malheureusement pas pu assister au club de lecture et retranscrire les discussions. Je conseille chaudement ce livre, que j’ai déjà offert à plusieurs femmes de mon entourage.

Aux endroits brisés, Pauline Harmange

Anaïs est une jeune femme à la dérive. Certains la disent éteinte. D’autres sans ambition. Les plus cléments la décrivent comme quelqu’un de triste. Quand elle perd successivement son emploi et l’homme qu’elle aimait, elle décide d’en finir et de partir à Limoges, dont on lui a vanté la grisaille. Au fil de ses errances, d’hôtel de luxe en petit appartement loué par une vieille Italienne qui a certes perdu la vue mais pas le goût de la vie, Anaïs va découvrir non pas l’art de panser ses blessures, mais de vivre avec ces fêlures qui font de nous des êtres imparfaits, mais aussi uniques.

La narratrice principale du livre n’est pas mère. Mais son histoire se mêle à celle de sa sœur, mère d’un enfant en bas âge, qui partage ses difficultés et montre les ambivalences de la maternité.

Un beau texte, plein de douceur et de sensibilité, avec des personnages touchants et tellement humains. Et des émotions bien retranscrites où l’on s’y retrouve. Ce livre m’a fait pleurer, mais m’a fait énormément de bien.

Ce qui gronde, Marie Petitcuénot

« Je vous écris à tous les trois depuis que vous êtes nés. Je vous écris mes actes de résistance. Ce n’est pas à vous que je résiste. Vous, vous ferez ce que vous voudrez de vos regards, de vos haussements d’épaules, de votre filiation. »

Depuis un moment, quelque chose gronde en elle. Ce n’est pas tant la fatigue ou la vie domestique qui aspire, c’est la sensation d’avoir oublié qui elle était, quand elle désirait tant vivre sa vie. Ce qui lui pèse ? Ce ne sont pas les enfants, eux n’y sont pour rien. C’est ce que la société exige tacitement des mères : que leur maternité soit leur finalité. Ce qu’elle voudrait ? Le dire à ses enfants et s’appartenir de nouveau.

Ce qui gronde est l’histoire d’une libération, écrite dans une langue d’une redoutable justesse, qui prend les allures d’un manifeste plaidant pour une autre façon d’être mère, lucide et libre. Si la liberté s’apprend, peut-elle se transmettre ?

A travers 18 lettres adressées à ses enfants, Marie Petitcuénot se livre honnêtement sur son quotidien de mère et son cheminement de déconstruction et libération. Je recommande vraiment ce texte puissant, plein d’amour, déculpabilisant et reconnaissant la difficulté d’être mère, plaidant pour une autre maternité, très loin des traditionnels manuels de savoir faire.

La grenade, Emmanuelle Hutin

Une femme avance dans la vie avec le souhait de cocher toutes les cases. Magazines féminins et leur lot d’injonctions sous le bras, elle se construit autour d’un idéal inatteignable. Carrière, mariage, famille, elle se doit d’être tout pour elle et pour ceux qu’elle aime. Pourtant, dès la naissance de son premier enfant, son fils chéri, elle sent que quelque chose ne tourne pas rond. Anxieuse, elle guette le drame à venir au fur et à mesure que son idéal de jeune mère active, son couple et son moral se dégradent. Un deuxième enfant serait la solution ? À nouveau la maternité, l’amour plus fort que tout mais toujours, ce sentiment que quelque chose cloche : pourquoi ne trouve-t-elle pas son bonheur dans cette vie ?

Ce livre est le récit du combat d’une mère soumise à l’épreuve de la maladie de son enfant. Mais c’est surtout le parcours d’une femme qui évolue, qui grandit, qui redéfinit sa place de femme et de mère. L’alternance des narrations (externes et internes), parfois un peu déroutantes, permet de bien suivre le cheminement intérieur et les réflexions de cette mère. 

Ce roman est bouleversant, poignant, plein d’amour. Malgré les larmes aux yeux, ce roman m’a aussi remontée et donné confiance pour puiser les forces disponibles en moi.

Conclusion

À ces 5 romans s’ajoutent une liste de romans que je n’ai pas encore eu le loisir de lire:

  • 2 romans de Virginie Noar : Le corps d’après et La nuit infinie des mères
  • Juste un peu de temps, de Caroline Boudet
  • Les argonautes, de Maggie Nelson

J’ajouterais aussi une flopée d’essais (par exemple, Ceci est notre post-partum d’Illana Weizmann ou le nouvel essai de Renée Greusard Choisir d’être mère) mais surtout le recueil de poèmes Mother truths : poems on early motherhood de Karen McMillan, qui m’a été offert par une amie à la naissance de ma fille.

Avez-vous lu un de ces livres ? Qu’en avez vous pensé ? Avez-vous d’autres suggestions ? N’hésitez pas à les partager en commentaire. J’espère que ces romans vous aideront comme ils ont pu m’aider à construire votre vision de la maternité.

Article relu par @camilledrnd et @mamaorhum. Photos par @bebatut disponibles sur Flickr.

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