Les groupes de mamans

Avant de devenir mère, je n’avais aucune idée de ce qu’était un « groupe de maman ». Rendez-vous de mère au foyer qui s’ennuie ? ou engagement de maman des beaux quartiers américain en phase d’entraînement pour devenir « soccer mum » ? C’est donc d’une oreille distraite et malintentionnée que j’avais refoulé cette notion, dont toutes les mères anglaises de mon entourage m’avait parlé.

Mais lorsque mon mari est reparti travailler, je me suis retrouvée seule, avec un petit monstre de 2 semaines qui pleurait jour et nuit, sans famille ni ami·es à proximité. Et là je me suis dit qu’il me fallait des amies mamans à proximité pour ne pas devenir folle!

Comment j’ai rejoint un groupe

En fait le processus avait déjà commencé. À la recherche d’un semblant de vie sociale enceinte, j’avais déjà rencontré quelques futures mamans grâce à des cours de yoga postnatal, et des cours de préparations à l’accouchement (j’ai même fait deux types de cours différents). Alors j’ai continué sur ma lancée. Trop mal en point pour faire du yoga post-natal, je me suis inscrite à des activités pour nouveaux nés : un cours de massage pour bébé, un cours de « nouveau-nés les premiers pas ». Chaque cours devait durer 5 ou 6 semaines, où on retrouve les mêmes mamans, avec des bébés qui ont une ou deux semaines d’écart. Chaque cours s’est avéré nullissime, mais est un sésame pour rentrer dans un cercle de maman.

À chaque fois, un groupe WhatsApp se crée. Car en 2020, effet pandémie ou pas, un groupe de maman, c’est avant tout un groupe WhatsApp. Je me suis retrouvé avec 5 groupes WhatsApp (un de yoga, deux des cours de préparations, un des cours massage et un des cours de nouveaux nés). Alors que certains de ces groupes sont rapidement tombés en désuétude, affinités obligent, celui du cours de nouveau-nés a excédé de loin mes attentes. Un autre groupe a perduré aussi mais en version beaucoup moins intenses que celui-là.

Il faut dire que ce cours-là avait pour fonction de créer un groupe de maman. Imaginez un début d’épisode de « Workin’ Moms« , mais avec la pudeur anglaise, du thé et des biscuits secs. Les cours eux-mêmes se sont arrêtés en plein milieu (un certain virus a tout fermé d’un coup), mais le groupe WhatsApp a alors décollé.

En quoi ça consiste

En six mois, nous avons échangé 7300 messages (et seulement 250 photos), soit une moyenne de 40 messages par jour.  On y parle d’allaitement et de marques de biberons, de couches, des mauvaises nuits, de trucs sympa à faire dans le coin en ce moment, des petits progrès de nos chérubins. On y rit et on y pleure, et on progresse toutes ensembles. Ce qui est sympa c’est que nos bébés sont très synchronisés, donc on est toutes dans le dur au même moment. Nous venons aussi d’horizons assez différents (même si d’un niveau financier relativement aisé, il a fallu payer le cours au début) et nous ne partageons pas forcément les mêmes philosophies d’éducation, mais cela reste bienveillant. Nous évitons consciemment de débattre, car le mot d’ordre est le soutien. Et surtout nous ne vivons pas très loin les unes des autres, donc nous nous rencontrons de temps en temps, nous échangeons des trucs achetés inutilement et nous pouvons apporter un soutien concret si quelqu’un est vraiment dans la panade. J’imagine que nous nous serions retrouvé beaucoup plus souvent sans les restrictions actuelles. Bref je suis devenue une apôtre des groupes de mamans.

Réflexion

Au fur et à mesures, alors que l’effet naissance-bienveillance-générale se dissipe mais que les difficultés continuent, ce groupe est devenue un élément central à mon petit village d’une maternité éloigné des soutiens traditionnelles.

Bien sûr mon expérience n’est pas parfaite, mais a répondu à un besoin précis. Dans les côtés négatifs, il y a l’exclusion totale des conjoints. Cela n’est pourtant pas une fatalité car un de mes groupes zombis avait un groupe jumeau avec tous les papas correspondants (mort vivant lui aussi). Il y a aussi un manque évident de diversité. Mais ce qui est plus problématique selon moi, c’est que de tels groupes ne sont pas proposés systématiquement à tous les nouveaux parents, quel que soit le milieu.

Ce groupe peut aussi prendre une forme tout à fait différente. Je pense que les points importants à rechercher sont:

  • Une proximité géographique
  • Une proximité des âges des bébés, à quelques semaines près
  • Un environnement sans jugement
  • Une disponibilité continue
  • Un moyen de communication en groupe

À votre tour

Même si le concept de groupe de mamans n’existe pas tel quel en France, je ne peux que vous recommander de chercher votre propre groupe. Pour cela, il suffit de rejoindre une activité pré ou postnatal (yoga, course, marche, massage, langue des signes, cours d’éveil, etc.), qui vous permettra de rencontrer des mamans avec des dates d’accouchements rapprochés, et bien sûr de créer un groupe WhatsApp, les affinités et les besoins feront le reste. Ne pas hésiter à multiplier les possibilités, car ce n’est pas évident de créer la bonne alchimie entre des inconnues.

Article écrit par @mamaorhum relu par @bebatut. Photo par Noah Buscher, disponible sur Unsplash.

3 commentaires sur “Les groupes de mamans

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  1. Je peux juste confirmé l’importance énorme d’un groupe de maman bienveillant autour de soi-même, surtout quand deux grand challenge comme devenir maman et vivre à l’étranger, loin de ses proches arrivent à la fois. Pour moi, c’était les réunions de la lèche league qui mon sauver… Et ou j’ai fait des amie pour la vie.

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